Un établi repris en février 2016

Untrigspace, l'atelier de la place de la Paix

L'atelier Untrigspace s'est installé au 93 place de la Paix, à Pau, en 2016. Il fabrique du mobilier libre, des étagères, des caisses et des cadres, et restaure du bois ancien, sans jamais poser sur chantier.

Un établi repris en février 2016

Février 2016. Julien Robert reprend l'établi après onze ans passés à réparer des meubles pour d'autres, dans un local du 93 place de la Paix qui était une ancienne cordonnerie, avec un sol en ciment, une porte trop basse pour les grandes longueurs de chêne et un éclairage qu'il a fallu refaire avant même de scier la première planche.

La première commande fut une bibliothèque pour un logement du quartier Saint-Joseph, livrée à pied, à trois rues de là.

Un meuble, puis deux, puis une demande de restauration d'une table de ferme venue de Monein, avec six pieds à reprendre et un tiroir fendu. Le bouche-à-oreille a fait le reste, lentement, sans publicité ni vitrine, et c'est ainsi que l'atelier a tenu sa première année sans jamais chercher de client ailleurs qu'entre le Hédas et le boulevard des Pyrénées, ce qui explique encore aujourd'hui la part importante de commandes venues de voisins immédiats ou de gens recommandés par des voisins. Aurélie Thomas tient le stock depuis mars 2018. Elle connaît chaque plateau entreposé à l'arrière, y compris les trois noyers mis de côté en 2021 et qui attendent encore un projet précis. Elle sait aussi, sans regarder la fiche, quel client a commandé quoi et quand.

Un établi repris en février 2016

Ce que l'atelier refuse

Le refus fait partie du métier. Untrigspace ne touche pas aux véhicules, jamais, même pour un habillage intérieur ou un plancher de camion aménagé. Les circuits électriques du réseau sont également hors de portée : pas de câblage, pas de tableau, pas d'interrupteur, même si la scie tourne sur une prise ordinaire comme n'importe quel outil d'atelier. Les circuits de froid, la pose de pesticides ou de biocides, et tout ce qui touche au bâti — cloisons, planchers porteurs, façades, toitures — sortent aussi du périmètre, pour une raison simple : ces métiers demandent des habilitations que l'atelier n'a pas et ne cherche pas à obtenir.

Le bois reste le seul matériau du ressort, avec la quincaillerie et les finitions qui vont avec.

Antoine André répond au téléphone et le dit d'entrée : « Si c'est une porte de garage ou un radiateur, je vous oriente ailleurs. »

Céline Fournier, aux achats, applique la même règle aux fournisseurs : le papier et les colles viennent de deux maisons de la région, rien d'importé sans nécessité. Aucune pose sur chantier. Pas de meuble monté sur mesure dans une cuisine trop étroite, pas de plinthes à ajuster chez un client. L'atelier fabrique ou restaure, livre, et repart ; la famille installe ou fait installer. Ce n'est pas un caprice commercial, mais un choix d'outillage, de temps et de responsabilité : une scie sous dimension, un établi sans fenêtre, et pas de camion pour l'entretien.

Les gens de l'atelier

Julien Robert prend les rendez-vous et garde la main sur l'usinage. Aurélie Thomas tient le stock, les chutes et les commandes de quincaillerie. Antoine André s'occupe du service client et des devis. Céline Fournier gère les achats, les colles, les lasures, les vis en inox et les papiers de ponçage. Personne d'autre ne travaille ici. C'est une petite équipe, et c'est voulu. Trois meubles en cours et une restauration longue à la fois, c'est le rythme maximal ; au-delà, il faut attendre, et l'attente se dit franchement au téléphone, avec une date approximative plutôt qu'une promesse.

Quartier, horaires, contact

On ouvre du lundi au vendredi, de 9h30 à 12h30 puis de 14h00 à 18h00.

Le samedi, seulement sur rendez-vous, pour les visites d'atelier et les remises de pièce, ce qui laisse le temps de discuter d'un projet sans la pression d'une journée chargée. Les livraisons se font surtout vers le centre-ville, le Hédas, le boulevard des Pyrénées et les coteaux de Jurançon, parfois jusqu'à Lescar ou Billère quand la pièce est légère. Le téléphone est le 05 92 35 29 37, et il sonne sur l'établi quand personne n'est au bureau. L'écrit passe par [email protected], avec des photos et des mesures. La réponse arrive souvent le lendemain, rarement dans l'heure.

Untrigspace SAS exploite l'atelier, sans autre atelier ni antenne ailleurs. Le site est untrigspace.digital, avec les tarifs indicatifs et les délais du moment.

Le travail, concrètement

Un meuble libre, ici, veut dire un meuble qui tient seul : une étagère posée au sol, une caisse à couvercle, un cadre, un banc bas. Rien de vissé au mur d'une chambre d'amis.

Les dimensions se donnent en millimètres, avec une tolérance de deux ou trois, parce que le bois bouge avec l'air de Pau et l'humidité d'un hiver sans vent, et qu'un meuble trop ajusté finit par fendre ou par bloquer un tiroir au printemps. La restauration occupe environ un tiers des heures. Une commode de 1890 arrivée en avril 2024 a demandé dix-neuf jours : placage soulevé sur la façade, tiroir inférieur bloqué, pied avant droit recollé et une teinte reprise à l'alcool, jamais au vernis épais. Le propriétaire, un instituteur retraité de Billère, venait d'une maison familiale de Gan.

Les délais varient de sept jours pour une caisse simple à six semaines pour un ensemble d'étagères. Un devis de 340 euros pour une bibliothèque de 1,80 mètre, ou de 95 euros pour une boîte en frêne avec couvercle à charnière laiton, donne un ordre d'idée. Les tarifs exacts dépendent des dimensions et du bois choisi. L'atelier travaille le chêne, le frêne, le noyer, le peuplier et parfois un noyer du Sud-Ouest récupéré chez un menuisier de Lescar. Les finitions à l'huile dure ou au savon sont privilégiées ; le vernis polyuréthane reste possible, sur demande, mais rarement conseillé.

Depuis 2016, le carnet de commandes n'a jamais été vide plus de onze jours. Ce n'est pas une promesse.