Résultats mesurés à l'atelier, 93 place de la Paix

Depuis 2016, l'atelier tient un cahier de mesures : dimensions relevées, temps passés, reprises. Voici ce qu'il contient, y compris les essais qui n'ont rien donné.

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Le cahier ouvert en mars 2016

Le 14 mars 2016, première ligne. Julien Robert, qui tient les rendez-vous, y note ce qu'on lui apporte : une commode du quartier Berlioz, deux rayonnages pour une librairie de la rue des Cordeliers, un cadre à réparer. Chaque entrée porte trois chiffres, la cote relevée au départ, la cote visée, et le temps réellement passé à l'établi. Ce troisième chiffre est le plus utile, parce qu'il ne dépend ni de la bonne volonté ni de la chance, et qu'il se compare d'une pièce à l'autre sans se raconter d'histoire. Sur les 412 pièces entrées entre mars 2016 et décembre 2024, 387 sont ressorties dans la cote convenue, vingt-cinq ne l'ont pas été, et parmi ces dernières neuf concernaient des bois trop fissurés pour être repris sans ajout de matière, que nous avons préféré rendre plutôt que maquiller, tandis que les seize autres relèvent de ce qu'on appelle ici les reprises longues, dont je reparle plus bas.

Une mesure ne dit pas tout. Elle dit seulement qu'à un moment donné, avec une règle et un hygromètre, quelqu'un a constaté un écart. Rien de plus.

Le cahier ouvert en mars 2016

Délais : ce qui tient, ce qui dérape

Aurélie Thomas gère le stock et les plannings. Elle relève, sur les commandes de mobilier libre passées entre janvier 2023 et juin 2025, un délai moyen de dix-neuf jours ouvrés entre l'acompte et la sortie d'atelier, avec une médiane à seize jours, l'écart venant des grosses pièces en chêne massif qui demandent deux collages espacés. Les rayonnages sur mesure sortent plus vite : onze jours ouvrés en moyenne sur la même période, trente-huit commandes.

Sauf en juin.

En juin 2024, trois chantiers de réparation de cadres ont bloqué l'établi pendant neuf jours, et deux rayonnages ont glissé à vingt-quatre et vingt-sept jours. Nous l'avons écrit au client, à chaque fois, avant la date prévue. Un délai annoncé tôt n'est pas un délai court : c'est un délai qu'on peut tenir, et nous préférons cette formulation, même si elle se vend moins bien qu'une promesse.

Bois ancien : 71 pour cent

Sur les cent quarante-trois pièces anciennes confiées entre 2019 et 2025, cent une ont retrouvé un usage normal, soit soixante et onze pour cent. Le reste se répartit entre les pièces stabilisées mais non remises en service, une vingtaine, et les refus purs, dix-sept, prononcés dès le premier rendez-vous. Le cas le plus net reste une table de ferme venue de Gelos en février 2022, dont le plateau avait gonflé de six millimètres sur sa largeur, ce qui se voit à l'œil quand on pose une règle en travers. Le remède a consisté à retirer la bande de rive, à reprendre le chant à la varlope sur trois millimètres, puis à recoller sans serrage forcé. Mesure faite en septembre 2022, puis en septembre 2023 : le plateau n'avait pas bougé de plus d'un millimètre, et c'est la limite de ce qu'on peut affirmer, parce qu'un bois vivant bouge avec l'air de la pièce.

Deux essais de consolidation à la résine sur des pieds de fauteuil, en 2020, ont lâché au bout de quatorze mois. Nous avons arrêté cette méthode pour les pièces qui portent du poids.

Antoine André a rappelé les deux propriétaires et repris les pieds en chevillage.

Les reprises longues, et leur coût

Une reprise longue, c'est une pièce qui revient une deuxième fois pour le même défaut. Le cahier en compte dix-neuf entre 2017 et 2024, sur les quatre cent douze entrées.

Douze portaient sur des assemblages collés en hiver, dans un atelier trop sec : le bois a travaillé en arrivant dans un appartement chauffé, et la fente est réapparue près de la colle. Depuis 2021, Céline Fournier commande les colles en petite quantité et plus souvent, pour éviter les pots entamés qui traînent six mois. Le coût de ces retours n'est pas facturé au client quand la faute est nôtre, et il est compté en heures, onze heures en moyenne par reprise, soit environ deux jours et demi d'établi, un chiffre que nous publions parce qu'il explique pourquoi l'atelier ne prend pas plus de six pièces en cours à la fois. Une pièce peut aussi demander plus que prévu sans qu'il y ait de faute. Une armoire du quartier du Hameau, apportée en octobre 2023, a demandé quarante-deux heures au lieu des vingt-huit estimées, parce que le placage se décollait par plaques entières sous la main. Nous avons appelé avant de continuer. La cliente a choisi d'arrêter, et la pièce est repartie telle quelle.

Ce que le cahier ne mesure pas

Il ne mesure pas le contentement. Nous ne faisons pas remplir de questionnaire, et les chiffres ci-dessus ne disent rien de la façon dont quelqu'un regarde une commode réparée dans son entrée. Ce n'est pas un manque de méthode, c'est un choix : une note ne se mesure pas avec un hygromètre.

Il ne mesure pas non plus le travail qui n'a pas eu lieu, les conseils donnés au téléphone, les visites rapides pour dire non, les devis non signés après trois échanges. Entre janvier et décembre 2024, l'atelier a enregistré quatre-vingt-six demandes et en a retenu quarante et une.

Pour les délais d'un projet précis, le plus simple reste de passer à l'atelier, 93 place de la Paix, du lundi au vendredi entre 9h30 et 12h30 ou entre 14h00 et 18h00, ou le samedi sur rendez-vous avec Julien Robert. Le téléphone est le 05 92 35 29 37. Les demandes écrites vont à [email protected].