Une devanture baissée depuis trois ans

L'ancienne quincaillerie du 14 rue Carnot devient un atelier partagé

La vente a été signée le mardi 29 septembre chez maître Larribère, notaire avenue de Buros, pour un montant de 412 000 euros. Le local de 240 mètres carrés, vide depuis la fermeture de la quincaillerie Bordenave en mars 2023, change de main et de fonction.

Une devanture baissée depuis trois ans

Le rideau de fer du 14 rue Carnot ne s'était pas relevé depuis le 17 mars 2023. Ce jour-là, Bernard Bordenave avait fermé sa quincaillerie après quarante et un ans derrière le même comptoir, sans successeur et sans repreneur sérieux malgré deux annonces restées sans réponse.

Le bâtiment appartient depuis 1978 à la même famille. La fille de Bernard Bordenave, Hélène, 57 ans, vit à Billère et ne souhaitait pas reprendre le commerce. Elle a accepté l'offre après huit mois de discussions, deux expertises et une négociation sur le seul point qui bloquait encore, la dépollution du sous-sol où dormaient des pots de peinture au plomb.

« Je voulais que le lieu serve encore à quelque chose », dit-elle simplement.

L'acte précise que la toiture reste à la charge du vendeur jusqu'au 31 décembre 2026, et que l'acquéreur prend possession des lieux le 15 octobre prochain.

Une devanture baissée depuis trois ans

Trois cents mètres carrés pour onze établis

Le nouveau propriétaire, la société Untrigspace SAS, exploite depuis 2016 un atelier de menuiserie au 93 place de la Paix. L'atelier produit du mobilier libre, des rayonnages, des caisses et des cadres, et restaure du bois ancien. Rien n'est posé sur chantier.

Le local de la rue Carnot sera aménagé en atelier partagé. Onze établis seront installés le long des murs, plus une cabine de finition au fond de la cour, à la place de l'ancien dépôt de quincaillerie. Les travaux commencent le 3 novembre et doivent durer quatorze semaines, avec un permis modificatif déposé en mairie de Pau le 22 septembre.

Le calendrier prévoit l'ouverture des inscriptions en février 2027. Douze places seront proposées, dont deux réservées à des personnes formées aux métiers du bois ayant moins de trois ans de pratique. Le loyer mensuel d'un établi est fixé à 118 euros, charges comprises, avec un accès du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00.

Aurélie Thomas, responsable du stock, précise que l'outillage lourd reste propriété de l'atelier.

Ce que le quartier change, concrètement

Pour les habitants du secteur, la transformation ne se résume pas à une adresse qui rouvre. Les commerces de la rue Carnot ont perdu un repère, et le trottoir devant le numéro 14 sert depuis trois ans de point de dépôt sauvage pour des encombrants, selon les signalements répétés des riverains.

La Ville de Pau, par le service Propreté, a retiré 1,4 tonne de déchets devant la vitrine entre janvier et juin 2026. Une convention signée le 18 septembre avec la mairie prévoit la fermeture du passage par un portail métallique et l'éclairage de la cour jusqu'à 21 heures.

Antoine André, chargé du service client, indique que dix-huit personnes ont déjà écrit pour demander une visite du futur atelier, dont sept menuisiers du quartier Berlioz et quatre étudiants en ébénisterie de l'école de Gelos. « On ne promet de place à personne », dit-il. « On explique le projet, c'est tout. »

Le marché du mercredi place de la République reste inchangé, mais le passage piéton du carrefour sera décalé de deux mètres pour dégager l'accès des camions de livraison.

Les questions restées en suspens

Le sous-sol garde une cuve de fioul de 900 litres, neutralisée en 2019 mais jamais retirée. Son enlèvement figure dans l'acte de vente, à la charge de l'acquéreur, avec un devis de 3 260 euros validé chez un terrassier d'Idron.

La cour commune avec le numéro 12 n'a pas fait l'objet d'un bornage récent. Le dernier document d'arpentage remonte à 1994 et situe la limite à 61 centimètres du mur mitoyen, ce que la copropriété voisine conteste depuis 2021. Un géomètre doit passer en janvier.

Pour Julien Robert, qui suit le dossier depuis le premier rendez-vous, la difficulté n'a jamais été le prix.

« C'est le calendrier, dit-il. Un local qui dort, ça se réveille lentement. »

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