Ce qui a bloqué
Le bas de la rue Carnot, entre la place de la Libération et le carrefour avec la rue Samonzet, devait rouvrir à la circulation le 3 juillet. Le 6 juillet au matin, une entreprise de terrassement a mis à jour un collecteur d'eaux usées en fonte, posé en 1958, dont le tracé ne figurait sur aucun plan communal consultable. Les travaux ont été suspendus pendant onze jours, le temps de faire venir un bureau d'études de Tarbes.
Le diagnostic est tombé le 21 juillet : le collecteur doit être remplacé sur vingt-trois mètres, et non réparé. Le surcoût annoncé tourne autour de 84 000 euros. La Ville a signé l'avenant le 29 juillet, et la nouvelle date de fin, le 14 septembre, a été communiquée aux commerçants par courrier le 31.
Personne n'a été mis au courant avant. C'est ce que reprochent plusieurs commerçants, pas le retard lui-même.
La boulangerie a changé de sens de marche
Sandrine Lasserre tient la boulangerie du 41 rue Carnot depuis 2011. Sa tournée de livraison passait par la rue Carnot vers l'ouest, en trois minutes. Elle contourne désormais par la rue Montpensier, puis le boulevard des Pyrénées, ce qui ajoute entre neuf et quatorze minutes selon l'heure, et l'oblige à partir à 5h40 au lieu de 6h05.
Elle a acheté un second four à sole l'an dernier, en février, pour 6 200 euros, et ne le regrette pas : la clientèle de passage a baissé, mais les commandes passées la veille ont augmenté. « Les gens anticipent, ils ne viennent plus au hasard », dit-elle. Son chiffre du mois de juillet reste en dessous de celui de juillet 2025, sans qu'elle veuille donner de montant.
Le parking du Foirail comme tampon
Le parking du Foirail, à six cents mètres, a absorbé une partie du stationnement perdu, soit quarante-deux places. La Ville y a rendu les deux premières heures gratuites jusqu'au 14 septembre, décision prise en réunion le 4 août. Le soir, la file s'allonge parfois jusqu'à l'angle de la rue Lespy.
Antoine André, qui suit le service client chez Untrigspace, au 93 place de la Paix, a réorganisé les livraisons de l'atelier. Deux rendez-vous par semaine basculent le matin, tôt, parce que le camion ne peut plus se garer devant. Il a décalé quatre enlèvements vers le jeudi. « On perd un quart d'heure par trajet, on ne perd pas un client », résume-t-il.
Les ateliers de menuiserie du secteur, eux, ne dépendent pas de la rue Carnot pour leur approvisionnement en bois : les scieries du côté de Nay livrent par la route de Bayonne, et les palettes arrivent normalement.
Le pont et la navette
La passerelle piétonne du Hédas reste ouverte, ce qui sauve la traversée à pied. Pour les bus, la ligne T2 a été déviée par le cours Bosquet, avec un arrêt provisoire à hauteur du numéro 8, et deux arrêts supprimés. La fréquence passe de sept à onze minutes en heure creuse.
Julien Robert, qui tient les rendez-vous chez Untrigspace, a pris l'habitude de proposer le créneau de 9h30 plutôt que celui de 9h00 aux clients venus en bus. « Ils arrivent essoufflés, ce n'est pas la peine », dit-il. Céline Fournier, aux achats, a renégocié deux délais de livraison de quincaillerie, repoussés de trois jours chacun, sans pénalité.
Un commerce a fermé définitivement le 25 juillet, la cordonnerie du 17. Le local est vide, l'enseigne retirée.
Jusqu'au 14 septembre
La rue sera rendue à la circulation par demi-chaussée à partir du 25 août, ce qui rouvrira douze places de stationnement. La réfection complète de la couche de roulement, puis le marquage, occuperont les trois dernières semaines. Une réunion publique est prévue le 2 septembre à la mairie de quartier, salle du rez-de-chaussée, à 18h30.
Aurélie Thomas, aux stocks chez Untrigspace, note que trois chantiers de pose chez des particuliers ont dû être décalés en août, faute d'accès. Elle a prévenu les clients en juillet, un par un, par téléphone. Aucun n'a annulé.
Le calendrier reste serré. Le 14 septembre est un lundi.